Maud Dabs offre un panorama d’émotions monochrome. Des coulures d’encres aux hachures, son travail imprime des nuances de psyché, saisies dans la matière et le geste, sur le papier.

La démarche autarcique de la dessinatrice est un mouvement de soi à soi pour exposer les émotions et les angoisses les plus intimes, dans un élan paradoxal qui nous place face à nos contradictions et à notre dualismes. Poésie et philosophie se mêlent dans ses travaux, nourris par les lectures, l’introspection et l’observation de notre santé mentale contemporaine.

Faussement figurative, elle s’attache à l’expression contenue dans le geste avant de s’inquiéter de la vraisemblance de l’image. Dépourvus d’ornements, ses dessins présentent des morceaux de corps, des zooms et dézooms qui s’enchaînent voire se répètent. Elle dévoie le portrait classique en occultant les visages, en coupant les têtes ; si portrait il y a, il est celui d’un état mental fugace ou lancinant.

Les corps de Maud Dabs parlent leur seule vérité, celle de l’esprit qui les anime : ses choix plastiques — les matières qu’elle utilise et la pose dans laquelle elle contraint ce corps qu’elle dessine — forment son discours.

« Je veux laisser la parole à l’indicible, dessiner les nuances de la confrontation à soi. Faire du dessin un acte sensible qui raconte nos psychés pour toucher à l’esprit. Des corps, comme des postures mentales, des paysages psychiques. »