Des corps qui n’en sont pas. Comme des postures mentales, des paysages psychiques

Faire de l’acte du dessin un geste sensible, qui raconte nos psychés et touche à nos esprits. 

La pratique du modèle vivant m’a amenée au corps. Plus exactement, à ce qui se passe à l’intérieur et se ressent visiblement sur le corps. Le corps n’est jamais mon sujet : il est seulement le vecteur d’un discours sur nos psychés. 

Je décentre les images, me concentre sur des détails, des morceaux de corps. Le rapport entre l’intérieur et l’extérieur, entre le corps et l’esprit, entre ce qui est dit et ce qui est tu… Ils créent la composition. Une réflexion, une émotion, mises en image. À travers paradoxes et oxymores, je veux dessiner les nuances et les contradictions de la confrontation à soi. 

J’imprime le geste du dessin dans mon travail. Les matières plastiques y traduisent la matière de l’esprit pour inscrire les émotions, invisibles, à travers l’acte visible du dessin. Contours, à-coups, ratures.

C’est pourquoi les couleurs ne m’intéressent pas. Le noir est mon accessoire narratif : en ôtant les couleurs, je veux extraire mes corps de tout contexte pour laisser la parole à l’indicible. Puisque mes corps ne sont pas réels, leur figuration n’est pas réaliste. Je veux représenter ce que l’on a dedans et que l’on ne se figure pas. Représenter, finalement, l’émotion du dessin autant que celles qui parcourent nos corps.

Née en 1996, diplômée de littérature de la Sorbonne (Paris IV) et d’arts plastiques et création contemporaine de l’École des Arts de la Sorbonne (Paris I).