TERRA FEMINA

« Les émotions et pensées détendent, cambrent, plient, étirent le corps. A travers la capture des postures et mouvements, c’est l’esprit du sujet que l’artiste espère au fond capturer. Cette présentation poétique de l’artiste Maud Dabs – sur son site officiel – vous suggère déjà la thématique tenace des oeuvres de la dessinatrice et peintre : le corps. Le corps, et tout ce qu’il implique de sens et de sensualités, de plis façon origami et de courbes qui sont comme des phylactères où se disent les mots. Formée au modèle vivant, Maud Dabs a fait du corps ‘le délateur silencieux des états d’âmes‘, nous dit-on. Et on vous laissera méditer cette formule en arpentant les séduisantes créations qui ponctuent son shop : des profils et lignes sensuels et sinueux, des doigts qui tendent une cigarette encore fumante, des poitrines dénudées, le tout griffé avec un noir et blanc des plus distingués… Autant d’esquisses élégantes à encadrer chez soi – ou ailleurs. »

– Clément Arbrun, déc. 2020.

VAN M – JOURNAL

Maud Dabs en quelques mots ?
De l’encre, de l’acrylique, des crayons – des matières noires, toujours, pour mettre en lumière des corps.

Une destination pour se ressourcer loin de la ville ?
En réalité, je crois que c’est quand je crée que je m’épuise et paradoxalement me ressource le plus – c’est là que je voyage vraiment. Sinon… je suis très citadine !

Une femme actuelle qui vous inspire ?
Je ne pourrais pas citer une femme précisément. J’aime des attitudes, surtout, et je compose mes inspirations à partir de ces attitudes. Disons quand même que les fêlées qui laissent passer de la lumière, ça me parle…

Quelles sont vos inspirations pour créer ? La littérature, Baudelaire surtout, mais aussi les femmes d’Edward Hopper et Helmut Newton, le trait de Keith Haring et Egon Schiele, l’univers de Tim Burton… En fait, j’aime tout ce qui est très esthétique et spleenesque à mourir à la fois, surtout si c’est en noir et blanc. »

– Thomas Durin, déc. 2020.

LES INROCKS

Les Inrocks : Penses-tu que les fesses soient devenues un symbole de libération sexuelle qui bouscule une société encore trop hétéronormée ?

Maud Dabs : Elles sont un symbole de libération en soi-même, pas uniquement sexuelle, car la fesse est universelle. Un de mes “arrières” dans le calendrier est celui d’un homme et il s’y insère aussi bien que tous les autres féminins ! A la fois, les fesses sont quelque chose de sexy ou, justement, pas du tout. Leur ambivalence est intéressante dans l’optique d’une libération des genres et sexuelle, puisqu’elles sont le sujet de l’objectivation mais aussi, paradoxalement, ce qui permet de réunir physiquement l’homme et la femme au même plan. »

– Interview de déc. 2017.

LES INROCKS

« Lier l’intime au politique »

« Mal vues nos fesses ? En tentant de découvrir son propre corps, et celui des autres, Maud Dabs décide de travailler sur les fesses, ces attributs à la fois sexués et dénigrés, renvoyant longtemps à une sexualité interdite. L’artiste dialogue avec les corps féminins et les interroge, pour donner aux femmes un moyen de réappropriation de leurs corps, tout en humour et mignonnerie. Et Maud pousse son idée encore plus loin puisqu’elle dessine des fesses .. sur des fesses. Elle change de support en brodant ses illus’ sur des culottes sur-mesure, faites en popeline de coton bio. Maud sacralise et désacralise à la fois nos fesses, et nous montre que l’on peut parler nudité sans vulgarité, et avec féminisme. » 


– Pauline Malier, oct. 2018.

PAULETTE

Maud Dabs s’intéresse au corps féminin, à sa représentation surtout. C’est donc tout naturellement que l’artiste plasticienne s’est tournée vers les fesses. Oui, les fesses. Rondes, tombantes, bombées, une ou deux paires de fesses, parées d’une culotte ou nues… Cet intérêt pour l’arrière train, ses followers ont pu le remarquer lors de la publication d’un « Calendrier de l’arrière » sur son compte Instagram en décembre 2017. Pas tout à faitnouveau le thème des fesses (d’ailleurs sujet de prédilection des artistes à travers les siècles), mais un topos que se réapproprie Maud Dabs en le déclinant.

C’est alors que ces popotins, derrières et autres fessiers se retrouvent brodés sur des culottes – quoi de plus logique, me direz-vous. De véritables œuvres d’arts que vous pourrez admirer à la Slow Galerie. Au programme, trois culottes créées en exclusivité pour être exposées à la manière d’une toile, c’est-à-dire dans un cadre. Ces trois modèles seront par la suite mis en vente, et les acquéreurs auront le choix de les exposer dans leur salon ou bien sur leurs propres fesses – à eux de voir ! »

– Shannon Marini, oct. 2018.